Mapuche-hommes de la terre
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le 18 juillet 2008
Lettre ouverte à l’attention de: Bruxelles,
Monsieur Juan Salazar, Ambassadeur du Chili en Belgique

Monsieur l’Ambassadeur,

Nous, soussignés, souhaitons attirer l’attention de votre gouvernement sur le sort d’Elena Varela López, détenue depuis le 7 mai 2008 et actuellement incarcérée à la prison de Rancagua. Cinéaste et productrice, Elena Varela est engagée depuis plus de trois ans dans un vaste projet documentaire - Newen Mapuche - consacré au peuple mapuche et à ses revendications territoriales, projet pour lequel elle a reçu des fonds d’instituts audiovisuels rattachés au ministère de la Culture.

Dénoncé non seulement par Amnistie International Chili, Reporters sans Frontières, de multiples associations de défense des Droits de l’Homme, dans le monde entier, mais aussi par des personnalités du monde du cinéma et artistique chilien et internationale, l’arrestation de Mme Varela, semble être un montage des services policiers chiliens. Nous sommes conscients des difficultés qui rencontre votre gouvernement pour établir la démocratie mais, la détention de la cinéaste Elena Varela au nom de la loi antiterroriste, consacrée par la Constitution Politique de 1980, est une violation grave de la liberté d’expression ainsi que du droit à la création artistique

Cette loi, est appliquée surtout au peuple Mapuche et à tous ceux qui essayent d’informer sur ce conflit. Le cas des quatre journalistes européens, accusés eux aussi de « terrorisme », expulsés « manu-militari » du Chili a suscité la répudiation de la société civile internationale. L’arrestation du directeur de la revue mapuche Azkintuwe, Pedro Cayuqueo Millaqueo, après avoir dénoncé les spoliations de terres dont il estime que son peuple est victime, est, elle aussi, une grave violation au droit à l’information. Il semblerait qu’informer, filmer, s’exprimer et être solidaire avec les revendications du peuple Mapuche est devenu dangereux. Nous sommes persuadés que la liberté d’expression, d’information est un droit qu’aucun Etat ne peut violer.

Nous dénonçons fermement cette injustice et nous demandons au gouvernement chilien, de respecter ses propres lois et les principes juridiques établis par le Droit International : accepter le recours d’ »amparo » ( garantie des droits), garantir la sécurité physique de Elena Varela, le respect de la présomption d’innocence, un procès juste et équitable et la restitution intégrale du matériel audio-visuel réquisitionné. En outre nous vous demandons de protéger juridiquement les personnes impliquées dans le documentaire, ainsi que la fin de l’harcèlement à ceux qui défendent les droits des peuples indigène.

Nous vous rappelons que le Comité des droits de l’homme de Nations Unies a exprimé son inquiétude face à l’utilisation des lois anti-terroristes contre le peuple Mapuche. Nous faisons le vœu que votre gouvernement, membre élu de ce comité, trouvera une solution pacifique au conflit. La criminalisation des dirigeants et des personnes solidaires avec les victimes du néo-libéralisme crée dans le pays une ambiance de peur proche d’une dictature et ceci est inacceptable en démocratie

Comité Mapuche-Belgique

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