Mapuche-hommes de la terre
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2 avril 2008
Un jeune mapuche meurt suite à sa détention.
Source Liberacion.
Johnny Cariqueo Yañez

Le 29 mars, journée d’hommage au jeune combattant (cette journée se réalise en hommage à deux jeunes militants du MIR assassinés durant la dictature de Pinochet NDT) diverses organisations sociales ont lancé une convocation à une marche. Cette marche a commencé vers 20 heures trente et dès son début a été violemment réprimée par la police. La convocation appelait à une marche pacifique. A 21 heures la marche s’est terminée par l’inauguration de la place du 29 mars, quand les manifestants sont arrivés sur la place ils ont été immédiatement encerclés par un fort contingent policier et en conséquence les participants se sont retirés.

Une véritable chasse aux sorcières a alors commencé qui s’est soldée par la détention d’environ 30 personnes.

Johnny Cariqueo Yañez qui faisait partie du collectif « poings en l’air » s’est retiré du lieu des affrontements et s’est dirigé vers la place Victor Jara où il a alors été interpellé par un fourgon de police. Il alors été violemment frappé, puis dérivé au deuxième commissariat de Pudahuel. Une fois les lésions physiques constatées tous les détenus ont de nouveaux été victimes de sévices de la part des forces de police, insultes, coups et traitements dégradants.

Durant son transfert, et selon les témoins, il aurait été frappé et insulté en permanence.

Le jeune mapuche souffrait de problèmes cardiaques et suite aux coups très violents et aux mauvais traitements il a commencé à sentir une très forte douleur dans la poitrine et dans le bras. Le carabinier qui le surveillait a alors été prévenu et a répondu qu’il s’occuperait de lui quand il le verrait “ couché par terre, tremblant et en train de vomir”. L’autre argument de l’institution a été que la police n’avait pas de véhicule disponible, mais les témoins affirment qu’il y a avait deux camionnettes garées dans le commissariat.

Suite à l’insistance de ses camaradas détenus et face à une nette aggravation de l’état de santé de Johnny Cariqueo Yañez celui-ci a été conduit au service des urgences, où on lui prodigué une piqûre pour calmer les douleurs. Le personnel médical a signalé à la police que Johnny Cariqueo Yañez devait être transféré aux services des examens en raison de ses problèmes de santé, mais au lieu de ça il a été ramené dans sa cellule et la police a continué à le maltraiter et à le maintenir dans la cellule.

Le jour suivant tous les détenus ont été transférés au premier commissariat de Santiago où de nouveau ils ont été battus et maltraités. Johnny Cariqueo Yañez a été libéré vers 16 heures et est arrivé à son domicile une heure plus tard, il s’est alors reposé suite à la nuit infernale. Lundi 31 mars Johnny Cariqueo Yañez a du se recoucher dans l’après midi et peu de temps après il présentait les signes tangibles d’un infarctus qui malgré les efforts désespérés de ses parents et amis, quelques minutes plus tard, a produit son décès.

Suite à l’arrivée du SAMU de Pudahuel qui a conté le décès, ses parents ont appelé les carabiniers pour que se réalise la procédure habituelle. Quand le père de Johnny s’est rendu compte que le carabinier qui s’est présenté sur les lieux jetait le même que celui qui avait arrêté son fils la nuit du 29 mars il l’a violemment bousculé et lui a dit que sûrement son fils était mort à cause des coups qu’il lui avait donné cette même nuit, le carabinier n’a pas répondu.

Un peu plus tard un policier des services d’intelligence s’est présenté au domicile de la victime et avec une caméra a filmé le domicile et le corps de Johnny durant plusieurs minutes, sans prendre en compte la douleur des parents du jeune mapuche. Les témoins affirment que ce policier en civil, a aussi filmé la marche qui s’est réalisée le 29 mars peu avant l’arrestation de Johnny Cariqueo Yañez. Les funérailles ont eu lieu le mercredi 2 avril.

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